
LE PROJET
L'idée d'une démocratie directe pour la commune de Simorre vient d'une envie de changer la nature même d'une gestion communale et de sa politique, dans le sens noble du terme, "qui a rapport à la société organisée". Une société, en l’occurrence la commune, organisée par, avec et pour le peuple. Le peuple ici étant les citoyennes et les citoyens, dans leur ensemble, les simorraines et les simorrains en particulier.
Cette envie est liée entre autre à l'élargissement d'un pouvoir trop vertical. Un pouvoir que l'on donne à un instant t, ce que l'on nomme la démocratie représentative, et que l'on observe, avec le temps, plus ou moins de loin, avec plus ou moins d'attention, et sur lequel, bien souvent, on ne peut ni agir, ni animer, ni même inspirer, encore moins contribuer, parfois s'opposer. Or, si ce pouvoir, dans les mains de "décideurs", voire d'un seul, la mairesse ou le maire, pouvoir vertical, s'étend jusqu'à devenir horizontal (nous reviendrons sur le comment), celui-ci devient alors en constante évolution, en symbiose avec les citoyennes et citoyens, en perpétuelle activité et soumis, lors de décisions et de choix cruciaux (ou pas), à l'adhésion de l'ensemble des individus, du moins la majorité, ou sinon à la compréhension et l'instruction de ces décisions ou choix. Ne plus jamais se sentir "dépossédé" ou "pris de court", "dans l'ignorance", voire "trahi", sinon "surpris".
Mais comment faire un pouvoir horizontal ? Avant d'y répondre, notifions ce qu'il se passe aujourd'hui et ce qui se passera pour ces élections. Une liste est constituée, voire plusieurs, pour notre commune, quinze individus au maximum, ensuite et après le vote, ces mêmes individus élus, mêlés ou pas selon le modèle actuel, élisent une mairesse ou un maire, des adjointes-ts. Ce que nous ferons, c'est exactement cela. Car le modèle étatique et administratif le demande. C'est ensuite et seulement après le vote que nous changerons la façon de faire et d'être. Si la chance qui nous est donnée est d'être élu avec l'ensemble de la liste, il y aura effectivement une mairesse ou un maire, des adjointes-ts, mais qui seront non pas les "décideurs" des six ans à venir, mais simplement les représentants de la commune, les "porte-paroles", les intermédiaires entre les citoyennes et citoyens et la décision de faire ou ne pas faire. Le pouvoir horizontal. Tout ce qui viendra et se créera par la base, remontera vers les élues-s, "porte-paroles", et qui seront les garants des choix à venir. Choix qui se feront avec l'ensemble de la communauté.
Comment faire ? Des outils et des dispositifs existent. Selon des modèles déjà tangibles ou à créer. Nous prendrons le temps d'en prendre connaissance et de les proposer. Il existe néanmoins des façons de faire que tout le monde a en mémoire. En tout premier lieu, le référendum. Le pouvoir exécutif propose une mesure, les citoyens approuvent ou rejettent la dite mesure. Il y a également des assemblées citoyennes, ou convention, en exemple celle du climat, constituée en France en octobre 2019. Deux modèles qui permettent aux citoyennes et citoyens de prendre connaissance d'une mesure, d'un choix et de répondre par l'approbation ou le rejet de celui-ci, voire de proposer des idées et directions.
Nous désirons élargir ces deux modèles, en créer d'autres, afin d'animer à tout moment la vie communale. La mairie, imaginée telle une "maison de peuple", deviendrait le lieu d'accueil des idées, des femmes et des hommes, des envies et des désirs, et les débats ainsi suscités, discussions et tables rondes, seront constantes, ouvertes et transparentes. Rien ne sera fait, ni décidé, en catimini, par le seul souhait de l'équipe élue.
Pourquoi ne pas proposer de créer sur cet exemple une agora simorraine, où l'ensemble de la communauté, parle, échange, propose, discute ? Une agora simorraine, un espace public, qui s'enrichirait de la parole des unes et des autres, des expériences et savoirs, et qui nourrirait le terreau d'un devenir commun. Celui-ci en adéquation plénière avec le bien commun, le service public et le savoir vivre ensemble.
Bien naturellement, nous apprendrons consciencieusement la réalité du fonctionnement d'une mairie, sa gestion, les pratiques administratives, les relations et dynamiques inter-communales, et autres. Nous prendrons toute la mesure de ces réalités, profitant des expériences des prédécesseurs, et avec l'appui, déjà actuel, de personnes compétentes dans le domaine communal et administratif.
Nous prendrons également la mesure des risques et inconvénients d'une démocratie directe et citoyenne, à savoir, le populisme, la démagogie et l'émotion. Dès lors, il conviendra le plus tôt possible de créer des garde-fous afin de se préserver des dérives possibles. Et pourquoi pas, entre autre, par la constitution d'une charte simorraine, à laquelle toutes les décisions seront soumises.
Cela demandera de la part des citoyennes et citoyens une implication plus importante autour d'un projet commun, une connaissance plus active des sujets, sans se départir de la joie d’œuvrer activement avec toutes les composantes de la commune, sans nier les conflits, bien au contraire, mais dans l'idée de recréer une vie communale, de retisser la société civile et de faire renaître la confiance entre les individus.
Tout est à construire.
Dans un sens positif et non celui de "faire table rase du passé".
Plutôt que la négation, nécessaire un temps, l'affirmation.
Terminons par un proverbe africain : "Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin."
Soyons ensemble. Voyons loin.
A suivre et à bientôt.
Prochainement, le vendredi 6 mars 2020 à 18:30 en la salle des fêtes, un exemple de la démocratie citoyenne vous sera proposée et animée. Joie garantie !

